1 juin 2009

Libye : Sabratha et Leptis Magna livrent leurs trésors



Puisque nous en sommes aux traces romaines en Afrique du nord (Volubilis près de Meknès : le Maroc des Romains), déplaçons-nous de quelques milliers de kilomètres à l'est, jusqu'en Libye. Au bord de la Méditerranée - Mare nostrum -, Rome a bâti deux cités d'une ineffable beauté, que le régime libyen a sorties des sables où elles étaient enfouies, comme pour mieux montrer sa propre puissance. J'y étais en 2006, avec un groupe d'amis, en dehors des sentiers battus des tours operators.

Les deux sites de Sabratha et Leptis Magna ne sont éloignés que de quelques dizaines de kilomètres de la capitale, Tripoli. Un bon guide vous y amène sans difficulté - mais vous serez suivi par un représentant de l'office libyen du tourisme, qui ne vous lâchera pas les basques, tout en se montrant d'une amabilité à toute épreuve, avant de devoir rédiger un rapport sur votre escapade.

A gauche, cet arc fait de bric et de broc qui ne manque néanmoins pas d'allure est un peu l'emblème de Sabratha. Le théâtre, quant à lui, a été si bien reconstitué (au centre) que chaque été s'y donnent des représentations de musique classique. C'est du moins ce que notre guide nous avait affirmé. Dans l'Antiquité, 5'000 personnes pouvaient y prendre place. A droite, un remarquable bas-relief montrant des soldats romains. Ca vaut la peine de cliquer sur ces images !


D'abord port phénicien, puis cité gréco-romaine, Leptis Magna vit naître le futur empereur Septime Sévère, qui était d'origine amazighe (berbère) et contribua largement à son embellissement. La colonnade de Leptis Magna (à gauche) constitue un ensemble tout à fait remarquable. Des gradins (au centre), on a une vue panoramique sur la Méditerranée. Le port de Leptis Magna (à droite) n'a guère subi des ans l'irréparable outrage. Ensablé prématurément, il permet d'y distinguer des quais, un phare et une digue. Des fouilles étaient en cours il y a trois ans.



A gauche, cette vidéo de qualité amateur du point de vue des images, mais très bien renseignée, présente un excellent panorama de tout ce qu'il est possible de voir à Leptis Magna. Je vous invite vivement à vous y plonger.

Au centre
, les bâtiments du marché ont été superbement reconstitués. A droite, une vue des immense thermes d'Hadrien, les plus grands du monde romain après ceux de la ville de Rome. Les thermes d'Hadrien sont restitués virtuellement sous http://www.latinistes.ch/Images/libye-antique1.htm. C'est fascinant.

Volubilis près de Meknès : le Maroc des Romains



Rome a laissé des traces éternelles au Maroc. La province s'appelait alors Maurétanie tingitale (à gauche), du nom de la ville de Tingi (ou Tingis), qui devint Tanger. Comme on le voit très bien sur cette carte à agrandir en cliquant dessus, la province était défendue, à la hauteur de l'actuelle Rabat, par des fortifications qui prolongeaient l'oued Bou Regreg séparant la capitale de Salé (Sala sous les Romains).

La Maurétanie tingitale nous a légué les ruines de Volubilis (au centre), situées à 35 kilomètres de Meknès (A Meknès, le riad Menthe et citron à l'allure et aux couleurs sympas). La ville impériale constitue le "camp de base" d'une visite du site, auquel on accède par une route goudronnée. Conquise en 40 après Jésus-Christ et s'étendant sur 40 hectares entourés de murailles, la cité romaine comprenait une imposante basilique (à droite) qui comptait 1'000 m² de superficie. La façade orientale donnait sur le forum. Elle est composée de huit baies surmontées d'arcs en plein cintre qui ont été restaurés, ainsi que le relève l'excellent site http://www.sitedevolubilis.com/ sur lequel on trouvera des quantités d'informations.



La grandeur et le cadre du site (à gauche) expliquent aussi le choix des fondateurs de la ville, située à près de 700 mètres d'altitude. L'un des bâtiments emblématiques de Volubilis, l'Arc de triomphe de Caracalla (au centre), a été édifié pour remercier l'empereur d'avoir donné en 277 la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire.

Volubilis se développa grâce à l'abondance de l'eau et à l'olivier, auquel le Maroc ambitionne aujourd'hui de redonner toute sa place, afin d'en devenir le premier producteur mondial. La carte de droite (à agrandir en cliquant dessus) montre à quel point l'Antiquité parvint à transformer les environs de Volubilis en une région riche en cultures.



Les Romains maîtrisaient parfaitement l'art de produire l'huile d'olive. Le pressoir de gauche a été reconstitué pour en administrer la preuve. Le schéma du centre (cliquer) explique son fonctionnement.

Volubilis nous a aussi laissé des mosaïques de très grande qualité. Celle de droite constitue un hommage à Dionysos, dieu de la vigne dans la mythologie grecque. Et ce n'est pas tout à fait un hasard si elle s'y trouve (voir Y a-t-il du vin au Maroc ? Bien sûr, et il n'est pas négligeable !).


Le déclin de Volubilis commença lorsque les Romains se replièrent sur Tanger. Au XVIIIe siècle, le sultan Moulay Ismaïl n'hésita pas à piller les richesses de Volubilis pour construire son propre palais à Meknès. En 1755, le puissant tremblement de terre de Lisbonne se fit sentir jusqu'à Volubilis, et lui donna le coup de grâce.

Le souvenir du capitole dédié à Jupiter, Junon et Minerve (à gauche) demeure, dans un cadre naturel sublime, qu'encadrent à droite mes chers cyprès (voir Comme en Toscane, cyprès alternés sur le chemin du Levant). Voici (au centre) l'allure qu'il avait à l'époque.

Volubilis subsiste enfin aussi dans nos jardins sous la forme de la fleur admirable qui porte son nom (à droite), aussi appelée Liseron bleu, et qui se multiplie particulièrement bien dans la contrée de l'antique cité de la Maurétanie tingitale.
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