
Ce mariage marocain a eu lieu en juillet dernier, à Agadir. Des bâtiments destinés à cet effet, les plus vastes de la ville, avaient été réquisitionnés à cet effet. Il s'agissait en effet d'un mariage entouré d'une volonté évidente de prestige, unissant une jeune fille du Souss appartenant à une riche famille à un promoteur immobilier marrakchi.
L'accueil était à la hauteur : une allée de tapis, de lumières et de plantes évoquant les plus grands palais (à gauche). Un groupe de danseurs et chanteurs typiques de Houara (au centre) s'y produisait, créant l'ambiance festive souhaitée. A l'intérieur (à droite) l'assistance était groupée autour de tables de dix personnes. Décoration des 1001 nuits ! Les femmes arboraient des cafetans se voulant tous plus clinquants, brodés, dorés et colorés les uns que les autres. Ces robes d'apparat, avec foulard assorti, coûtent des fortunes, qui mettent souvent à mal le budget familial, d'autant qu'elles impliquent une surenchère d'élégance : un cafetan n'est jamais porté deux fois ! Et comme le nombre de mariage auxquels ces dames se pressent est considérable, on imagine le tableau... et l'état du portemonnaie.
Quant à savoir si les cafetans mettent vraiment en valeur celles qui les portent, la question est à mon avis ouverte... Cliquez sur la photo de droite pour vous faire une idée. Vous y observerez que, des exceptions familiales mises à part, les tables sont totalement féminines ou masculines.
Là où le bât blesse, c'est lorsqu'on mesure le temps qui s'écoule à partir de l'heure de l'invitation. On m'avait dit que la manifestation commençait aux environs de 20 h. et que si l'on ne voulait pas trop attendre, il était prudent de s'y rendre vers 21 h. 30. Omar, mon "grand vizir", Moulay Omar (voir Moulay Omar, patriarche de Houara (Ouled Teima) et La maison de week-end du patriarche de Houara à transformer en riad) et moi-même suivirent le conseil, n'étant à priori pas des fanatiques de ce genre de réunions. Hélas, cette précaution fut pour le moins insuffisante. On prit place autour d'une table encore libre, où l'on nous servit en tout et pour tout... quelques cacahuètes et quelques noix. Pas de boisson. Et l'on attendit, attendit, attendit, tuant le temps en jetant un oeil à l'assemblée - il est vrai que du point de vue sociologique ce n'était pas tout à fait inintéressant - et aux écrans de télévision diffusant d'immuable images d'arrivées de convives et d'un orchestre de danse.
De temps à autre, on salua des têtes connues de mes amis. On voit ainsi à gauche le président de la commune d'Ouled Teima, Mohamed Bouhdoud Boudlal. Cette personnalité respectée pose aux côtés d'Aziz, beau-frère d'Omar, et de mon "grand vizir", quelque peu abattu par les circonstances. Au centre : Moulay Driss, neveu d'Omar, venu égayer l'interminable attente de son charmant sourire. A droite aurait dû apparaître une photo de Fatima, l'épouse d'Omar, très en beauté. Hélas, j'ai été censuré, d'où le logo publié à la place...
A minuit, n'y tenant plus, nous quittâmes cette salle d'attente richement décorée, sans avoir aperçu la couleur de la blouse du médecin, autrement dit la robe de la mariée... D'après les informations reçues le lendemain, celle-ci fit son apparition vers 1 h 30 et un repas fut servi à 2 h. Faire patienter 650 personnes durant quatre heures, est-ce agréable pour celles-ci ? On n'a décidément pas le même sens de la politesse suivant la civilisation dans laquelle on se trouve...



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