1 juin 2009

Volubilis près de Meknès : le Maroc des Romains



Rome a laissé des traces éternelles au Maroc. La province s'appelait alors Maurétanie tingitale (à gauche), du nom de la ville de Tingi (ou Tingis), qui devint Tanger. Comme on le voit très bien sur cette carte à agrandir en cliquant dessus, la province était défendue, à la hauteur de l'actuelle Rabat, par des fortifications qui prolongeaient l'oued Bou Regreg séparant la capitale de Salé (Sala sous les Romains).

La Maurétanie tingitale nous a légué les ruines de Volubilis (au centre), situées à 35 kilomètres de Meknès (A Meknès, le riad Menthe et citron à l'allure et aux couleurs sympas). La ville impériale constitue le "camp de base" d'une visite du site, auquel on accède par une route goudronnée. Conquise en 40 après Jésus-Christ et s'étendant sur 40 hectares entourés de murailles, la cité romaine comprenait une imposante basilique (à droite) qui comptait 1'000 m² de superficie. La façade orientale donnait sur le forum. Elle est composée de huit baies surmontées d'arcs en plein cintre qui ont été restaurés, ainsi que le relève l'excellent site http://www.sitedevolubilis.com/ sur lequel on trouvera des quantités d'informations.



La grandeur et le cadre du site (à gauche) expliquent aussi le choix des fondateurs de la ville, située à près de 700 mètres d'altitude. L'un des bâtiments emblématiques de Volubilis, l'Arc de triomphe de Caracalla (au centre), a été édifié pour remercier l'empereur d'avoir donné en 277 la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire.

Volubilis se développa grâce à l'abondance de l'eau et à l'olivier, auquel le Maroc ambitionne aujourd'hui de redonner toute sa place, afin d'en devenir le premier producteur mondial. La carte de droite (à agrandir en cliquant dessus) montre à quel point l'Antiquité parvint à transformer les environs de Volubilis en une région riche en cultures.



Les Romains maîtrisaient parfaitement l'art de produire l'huile d'olive. Le pressoir de gauche a été reconstitué pour en administrer la preuve. Le schéma du centre (cliquer) explique son fonctionnement.

Volubilis nous a aussi laissé des mosaïques de très grande qualité. Celle de droite constitue un hommage à Dionysos, dieu de la vigne dans la mythologie grecque. Et ce n'est pas tout à fait un hasard si elle s'y trouve (voir Y a-t-il du vin au Maroc ? Bien sûr, et il n'est pas négligeable !).


Le déclin de Volubilis commença lorsque les Romains se replièrent sur Tanger. Au XVIIIe siècle, le sultan Moulay Ismaïl n'hésita pas à piller les richesses de Volubilis pour construire son propre palais à Meknès. En 1755, le puissant tremblement de terre de Lisbonne se fit sentir jusqu'à Volubilis, et lui donna le coup de grâce.

Le souvenir du capitole dédié à Jupiter, Junon et Minerve (à gauche) demeure, dans un cadre naturel sublime, qu'encadrent à droite mes chers cyprès (voir Comme en Toscane, cyprès alternés sur le chemin du Levant). Voici (au centre) l'allure qu'il avait à l'époque.

Volubilis subsiste enfin aussi dans nos jardins sous la forme de la fleur admirable qui porte son nom (à droite), aussi appelée Liseron bleu, et qui se multiplie particulièrement bien dans la contrée de l'antique cité de la Maurétanie tingitale.

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