12 juin 2009

Les Berbères, peuple d'Afrique du Nord, donc aussi à Ghadames



Les Imazighen, c'est-à-dire les Berbères, qui peuplent toute l'Afrique du Nord, ainsi que je l'avais montré dans le message Où vivent les Imazighen, premiers habitants d'Afrique du Nord ?, forment l'une des composantes ethniques de la Libye, comme l'indique la carte de gauche. Dans la partie nord du pays, ils se sont souvent mêlés aux Arabes. Mais certaines régions sont totalement berbères. C'est le cas de Ghadames, ville très ancienne située à la frontière avec la Tunisie et l'Algérie. Abandonnée par ses habitants qui lui préférèrent la ville moderne créée à sa périphérie, elle est encore intacte (au centre) et a été classée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Lorsque je m'y suis rendu en 2006 (voir Libye : Sabratha et Leptis Magna livrent leurs trésors), j'ai été impressionné par le calme et la majesté qui se dégagent de cette cité presque morte, mais qui revit un peu aujourd'hui. Est-ce parce que le tourisme amène ses dividendes ou par amour du site ? Difficile de le dire, d'autant que dans la Grande Jamahiriya du colonel Khadafi, tout est possible...

Toujours est-il que, connaissant aujourd'hui la dimension amazighe, je suis frappé de voir sur la photo de droite que la porte et son heurtoir que notre guide nous avait montrés pourraient tout aussi bien provenir d'un village de l'Atlas ou de l'Anti-Atlas. Ou de chez Latifa El Aïssi. La preuve sous Une histoire de portes, de Latifa de Taroudant à Mohamed de Lakhssas.



Ghadames respire le sable et la terre. Le revêtement des voies de communication est demeuré brut et les maison sont en pisé (à gauche). Nouveau témoignage berbère typique : les triangles symboliques (voir Agadir : des meubles typiquement amazigh) découpés dans les murs, que l'on voit clairement en cliquant sur cette photo, et qui ornent aussi les murs du Jardin aux Etoiles, en relief.

Au centre
, on retrouve ces triangles, accompagnés des motifs à oreilles de chat. Ghadames est entouré d'une palmeraie qui la magnifie encore davantage, et ajoute au charme de l'endroit. A droite, l'une des des nombreuses places de la ville, qui correspondent à autant de mosquées. Ironie des religions, les niches qu'on voit entre les arches pourraient tout aussi bien être le signe de ralliement des premiers chrétiens, le poisson... Mais ce n'était sans doute pas l'intention de ceux qui les ont créées.


Voici, à gauche, un intérieur particulièrement spectaculaire. Il vaut la peine de cliquer sur cette photo, sur laquelle on aperçoit la "marguerite", autre signe de ralliement amazigh (Un beau riad à visiter avec l'adel Fouad). On vous y reçoit pour un thé à la menthe, voire un repas. Un bel endroit, bien frais comme il se doit, puisqu'en pisé, et en même temps une intelligente prestation touristique.

Les greniers collectifs du centre pourraient tout aussi bien avoir été aménagés dans l'Anti-Atlas, fief berbère s'il en est, comme on en voit, dans une version en pierre, sous De l'Anti-Atlas à l'Atlantique : forfait d'une semaine

Changement de décor à droite : nous nous trouvons toujours en Libye, mais cette fois plein sud, du côté du désert de l'Akakus, aux lacs de l'erg Awbari (ou Ubari). Nichée au coeur des dunes à pertes de vue, cette oasis est un vrai régal pour les yeux... pour autant que l'on ne s'en approche pas de trop près. L'eau est en effet saumâtre et guère engageante. Il n'empêche, j'y ai mangé les dattes les plus sucrées et les plus sèches, donc les meilleures de ma vie (jusqu'ici...).



Plus au sud encore, du côté de Ghat (voir mon message Afrique du Nord : le trésor des peintures et gravures rupestres méconnues), on entre dans un endroit unique au monde appelé "Mystery Desert" par les guides. Se prolongeant aussi en Algérie voisine, ce site étrange qui se nomme en réalité Aoüis est composé d'îlots rocheux ciselés par l'érosion, qui surgissent du sable (à gauche). Beaucoup de ces pitons se ressemblent. Il est donc absolument indispensable de rester en groupe (au centre). J'ai dormi une nuit au pied de ces sentinelles sculptées par la nature. Une belle expérience. Ce voyage-là (http://www.point-afrique.com/circuits/circuit.php?R_IdP=18) est organisé par Point-Afrique, que je recommande vivement. Voici à droite notre joyeux groupe et en particulier Marianne, Christiane et Charles-André. C'était à fin février 2006.

Les guides ? Ils sont d'origine tchadienne et touareg (à gauche). Les Touaregs sont des Imazighen dont la particularité est d'être nomades. J'ai gardé des souvenirs marquants de ces veillées autour du feu (au centre). Le Sahara est une immensité poétique (à droite).

3 commentaire(s) Laissez le vôtre en cliquant ici:

  1. Malgré mon histoire d'amour avec la mer, je suis aussi amoureux de Ghadamés, depuis ma visite l'année dernière dans cet oasis merveilleux. J'ai aussi écrit plusieurs textes sur ce voyage. "boughmiga à Nalout, Boughmiga à Ghadames..."

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  2. Bonsoir, j'aprecie beaucoup ce que tu a ecris la, moi je suis kabyle d'algerie pourais avoir des information en plus sur l'histoire des berbres , je prepare mon memmoire sue les origines habitant de l'afrique du nord alors ekke (infomations) me serons benifique merci d'avance

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  3. A l'internaute du 26 janvier : regarde aussi ce que j'ai écrit sur ce blog sous le libellé Amazigh. Tu peux aussi poser tes questions à un de mes amis qui connaît très bien l'histoire berbère : Abdellah Amennou, apulee-berber@hotmail.fr

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