8 avril 2009

Balustrades de fer : Mustapha le Houari à l'oeuvre



Les travaux d'aménagement du Jardin aux Etoiles ne se déroulent pas seulement sur ma ptite propriété, mais aussi dans les ateliers d'artisans marocains. C'est ainsi que Mustapha (à gauche) est en train de réaliser les balustrades en fer forgé qui décoreront les rampes d'escalier. Mustapha est houari, ce qui signifie qu'il est d'Ouled Teima, autrefois appelé Houara. Une appellation toujours très utilisée et qui fait monter un sourire de satisfaction aux lèvres des Marocains quand un étranger la prononce. Elle montre que vous en connaissez un petit bout sur leur pays.

Mustapha a terminé les motifs floraux de gauche que j'ai choisis pour passer du premier étage au deuxième. Il est en train de commencer les ferronneries aux grappes de raisin et aux feuilles de vigne qui permettront d'accéder aux deux suites, nommées Marrakech et Tiznit.

Ce type d'artisan n'emploie en général pas davantage qu'un ou deux ouvriers (au centre et à droite), cela en fonction de l'importance des commandes en cours. On est ici en présence d'un fer forgé, c'est-à-dire tourné et travaillé, alors que la plupart du temps on utilise au Maroc du fer simple, comme en voit chez Sven à Taroudant (Chez Sven : encore une maison d'hôtes ou plutôt un hôtel à Taroudant). Ma préférence va au fer forgé. D'abord parce que ses effets de profondeur le rendent plus complexe et plus expressif, et ensuite parce qu'une lignée de mes ancêtres s'escrima durant des générations à la forge ! Je ne l'oublie pas, même si je n'ai absolument rien hérité de leurs dispositions pour le fer ni pour la mécanique... J'imaginais que, comme en Europe, le fer forgé se situerait dans la fourchette élevée des prix. Et bien pas du tout ! Encore faut-il identifier le bon artisan et éviter les intermédiaires qui font exploser la facture.


Mustapha est le frère d'Abbes (à gauche) qui, lui, avance sur mes fenêtres en bois (voir Lumière à travers les portes-fenêtres et dans l'armoire). Abbes a maintenant égalisé la hauteur des éléments centraux qui constituent les portes-fenêtres du rez-de chaussée (au centre). Le bois lui-même est un matériau relativement cher au Maroc. Alors qu'on imagine qu'il provient des forêts des montagnes marocaines, ce n'est pas du tout le cas. La dramatique raréfaction des arbres marocains (L'arganier, roi à la couronne vacillante de la Vallée du Souss) a en effet pour conséquence une importation massive en provenance d'Europe du Nord principalement. Egalement actif dans le secteur du bois, Brahim (lire Six portes amazighes pour les suites, les salles de bain et les réduits) m'a expliqué que des quotas sont fixés par le gouvernement et que la marchandise est distribuée par des importateurs agréés.

Ayant aménagé leurs ateliers l'un à côté de l'autre (à droite), Mustapha le ferronnier et Abbes le menuisier symbolisent le tissu des petites PME marocaines, qui emploient l'essentiel de la main-d'oeuvre, y compris - et surtout - les emplois appelés "informels" dans les statistiques. C'est-à-dire les petits boulots au jour le jour qui permettent néanmoins à de nombreuses familles marocaines de vivre, et parfois de survivre.

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